Elles étaient attendues par les différents syndicats lycéens et étudiants : ce lundi 26 octobre, Édouard Geffray, ministre de l’Éducation, a mis sur la table plusieurs mesures dans le but de désamorcer les appels à la mobilisation. Réforme puis remplacement de Parcoursup, 15 000 places supplémentaires dans l’enseignement supérieur, plan de rénovation des lycées et des universités d’un montant de 5 milliards d’euros, plafonnement à 28 lycéens par classe de seconde…
Pas de quoi convaincre l’intersyndicale jeunesse qui appelle à la mobilisation le 31 octobre prochain. La Dépêche du Midi vous propose de suivre toute l’actualité autour de la colère sociale dans ce direct.
Edouard Geffray : “Les élèves doivent aller en cours”
Invité de BFMTV ce mardi soir, le ministre de l’Education Nationale a retracé les dernières semaines. “Pendant trois semaines, on a dialogué. J’ai vu plusieurs fois les associations de lycéens”, rappelle-t-il aux journalistes de la chaîne d’info en continu. Tout en rappelant que les élèves ont déposé plus de 100 000 contributions sur la plateforme dédiée à faire remonter leurs revendications, Edouard Geffray a appelé les lycéens à retourner en cours lundi, date de la fin des vacances scolaires, alors que l’intersyndicale jeunesse a appelé à poursuivre la mobilisation. “L’intérêt général aujourd’hui, c’est que les élèves aillent en cours”, a ajouté le ministre.
Enquête ouverte à Rouen après un jet de grenade policière près d’enfants
Une enquête a été ouverte par le procureur de la République de Rouen suite à la diffusion de vidéos montrant un policier lançant un projectile qui explose aux pieds d’un enfant, en marge des manifestations du 24 octobre, a appris l’AFP ce mardi. La préfecture de Seine-Maritime a indiqué qu’une “enquête judiciaire a été ouverte par le procureur de la République afin de déterminer les circonstances exactes de l’intervention”.
Lundi, le maire (PS) de Rouen Nicolas Mayer-Rossignol avait saisi la justice concernant ce jet de projectile par un policier vers des enfants et réclamant des “sanctions” si des “manquements étaient confirmés”. Samedi 24 octobre, vers 17h00, “Mme Kljakic et ses 3 enfants mineurs rentraient d’une balade à pied en direction de leur domicile”, selon le signalement du maire.
Serge Papin : “Nous ne voulons pas revivre de 17 octobre”
Le ministre des PME, du Commerce et du Pouvoir d’achat, Serge Papin, estime que 3 000 commerces ont été touchés, au sens large, lors des journées des 17 et 24 octobre en France. Parmi eux, 357 ont été pillés le 17 octobre, contre moins d’une centaine le 24 octobre. “C’est toujours trop, mais c’est le signe qu’il y a eu une reprise en main en matière d’ordre”, a-t-il estimé au Parisien , affirmant : “Nous ne voulons plus revivre de 17 octobre.” Pour soutenir les commerçants les plus durement touchés, une aide pouvant atteindre 10 000 euros est prévue, à laquelle s’ajoutent les aides régionales, dont 5 millions d’euros mobilisés par exemple par la région Provence-Alpes-Côte d’Azur. L’objectif, selon le ministre, est de leur permettre de “redémarrer assez vite ou de tenir avec l’activité partielle”.
La famille de Christophe M., manifestant mort à Paris aux abords du cortège du 17 octobre, a déposé plainte
La famille de l’homme de 59 ans mort aux abords de la manifestation du 17 octobre a déposé plainte lundi 26 octobre pour “violences volontaires commises par une personne dépositaire de l’autorité publique ayant entraîné la mort sans intention de la donner”, a appris mardi Franceinfo auprès de leur avocat, confirmant une information de Blast.
Déjà 470 mobilisations prévues ce samedi 31 octobre, à quoi faut-il s’attendre ?
Après la mobilisation du 17 et du 24 octobre, les Gilets jaunes appellent à un nouvel acte “contre la vie chère” ce samedi 31 octobre. La carte officielle des mobilisations évoque de nouveaux rassemblements et des “sittings” devant l’Assemblée nationale et les mairies.

👉Lire notre article.
Colère lycéenne : un “écran de fumée”, pourquoi les annonces du gouvernement ne convainquent pas les syndicats toulousains
Alors que le gouvernement vient d’égrener une série de mesures pour calmer la fronde dans les lycées, l’Union syndicale lycéenne (USL) de Toulouse dénonce un “enfumage”. Estimant que le compte n’y est pas, les représentants locaux s’organisent pour décider des suites de la mobilisation.
👉Lire notre article .
“Un véritable effondrement” de la consommation de carburant en octobre, note le patron de la Coopérative U
Invité d’Europe 1 ce mardi matin, Dominique Schelcher a qualifié la situation de consommation de carburant en octobre de “véritable effondrement”. “La chose la plus frappante actuellement” c’est le “véritable effondrement de la consommation de carburant”, a affirmé le patron de la Coopérative U, au micro de nos confrères. Il a notamment évoqué jusqu’à 40% de baisse dans certaines stations de son groupe, alors que les prix de l’essence et du gasoil ne retombent pas en raison de la guerre au Moyen-Orient.
François Hollande appelle le gouvernement à négocier sur le pouvoir d’achat sans attendre
En déplacement dans le Finistère, l’ancien président François Hollande est intervenu sur la situation sociale en réclamant des mesures d’urgence pour le pouvoir d’achat, qualifiant notamment les aides carburants d’insuffisantes. Estimant que l’exécutif “a déjà perdu beaucoup de temps avec les lycéens” et qu’un tel retard “aurait pu s’épargner un certain nombre de mouvements”, l’ancien chef de l’État a exhorté le gouvernement à ouvrir rapidement des négociations avec le patronat et les syndicats, affirmant qu'”il faut que ça aille vite après le 5 novembre”.
Les syndicats enseignants maintiennent leur préavis de grève pour le 5 novembre
En réponse aux arbitrages jugés insuffisants à la sortie de leur réunion avec Édouard Geffray, les syndicats d’enseignants ont confirmé le maintien de leur journée d’action le 5 novembre prochain. La secrétaire générale du Snes-FSU, Sophie Vénétitay, a souligné que l’absence d’engagements clairs sur les rémunérations “fait partie des raisons qui motiveront l’appel à la grève”, prévenant que l’intersyndicale entend accentuer la contestation : “Les premiers pas qui ont été faits par le gouvernement sous la pression ne suffisent pas, mais puisque la pression à l’air de faire bouger le gouvernement, on va continuer à faire monter la pression le 5 novembre et après.”
L’Unef qualifie de “miettes” les mesures du gouvernement pour la jeunesse
Invitée sur BFMTV, la secrétaire générale de l’Unef Manon Moret a vivement rejeté les récentes annonces gouvernementales pour l’enseignement supérieur, les jugeant “très insuffisantes” et réduites à “des miettes données à la jeunesse”. Le syndicat étudiant pointe notamment du doigt un trompe-l’œil budgétaire et capacitaire, dénonçant la création de 15 000 places alors que 10 000 ont été supprimées l’an dernier, ainsi qu’un investissement universitaire d’un milliard d’euros sur cinq ans rapidement annulé par les coupes prévues dans le projet de loi de finances 2027.
Déception des syndicats enseignants après leur réunion avec le ministre Édouard Geffray ce matin
À la sortie de leur entrevue avec le ministre de l’Éducation nationale Édouard Geffray, les syndicats d’enseignants ont exprimé leur insatisfaction, estimant que “le compte n’y est pas”. Interrogée par BFMTV, la secrétaire générale du Snes-FSU, Sophie Vénétitay, a regretté l’absence d’engagements budgétaires immédiats pour la profession, déplorant que “sur la question des salaires notamment, on sait que c’est une urgence de revaloriser les personnels de l’éducation nationale et aujourd’hui il n’y a toujours aucune mesure. Tout est renvoyé au débat parlementaire”.
Face à la colère lycéenne, le ministre de l’Éducation, Édouard Geffray, admet que l’idée de démissionner lui a “traversé l’esprit”
Invité sur France 2 , le ministre de l’Éducation nationale Édouard Geffray a concédé avoir pensé à quitter ses fonctions au cours du mois de mobilisation qui secoue les établissements scolaires et universitaires, admettant : “Que ça m’ait traversé l’esprit, la réponse est oui”. Réaffirmant son engagement au service des élèves et de l’intérêt général, le locataire de la rue de Grenelle se dit toutefois “honoré de continuer à servir” après l’annonce de mesures d’apaisement, dont une “transformation profonde” de Parcoursup, tout en rappelant à l’approche de la rentrée que si le droit de manifester existe, “le droit au blocage n’existe pas”.
Clémence Guetté dénonce le “triple échec” du gouvernement face à la colère lycéenne
S’exprimant sur franceinfo , la députée La France insoumise Clémence Guetté a jugé les récentes annonces gouvernementales déconnectées des attentes du monde éducatif, qualifiant la création de 15 000 places dans le supérieur de mesure dérisoire “quand on en demande 250 000”. Pointant du doigt la stratégie de l’exécutif face aux mouvements sociaux, qu’elle résume par “le pourrissement”, “la diabolisation de LFI et la répression”, l’élue du Val-de-Marne a fustigé ce qu’elle considère comme “un triple échec” pour le pouvoir en place.
\ud83d\udd34 Parcoursup : quelles solutions ? \u27a1\ufe0f “Le problème principal, c’est le nombre de places dans les filières que les étudiants souhaitent pouvoir suivre […] Il faut 250 000 places en plus […] De l’argent, il y en a dans ce pays, il suffit d’aller le chercher”, dit Clémence Guetté pic.twitter.com/a5mjg1eGcF
— franceinfo (@franceinfo) October 27, 2026
“Les universités n’ont pas vocation à accueillir toute la population française” : Jean-Michel Blanquer défend le bilan de Parcoursup face aux critiques
Sur franceinfo , l’ancien ministre de l’Éducation nationale Jean-Michel Blanquer a vanté les résultats de la plateforme Parcoursup, affirmant que le taux d’échec en première année était passé de 60 % en 2017 à près de 50 % aujourd’hui, une “baisse de 10 points” qu’il qualifie de “progrès considérable”. Fustigeant la proposition de Jean-Luc Mélenchon d’abolir le dispositif, il a estimé que “les universités n’ont pas vocation à accueillir toute la population française” et qu’un accès sans sélection entraînerait un engorgement massif des facultés parisiennes au détriment des établissements de province.
\ud83d\udd34 Refonte de Parcoursup \u27a1\ufe0f “Parcoursup a été un progrès énorme par rapport à la situation antérieure […] J’appelle à la rationalité au service des jeunes”, dit Jean-Michel Blanquer, ancien ministre de l’Éducation nationale pic.twitter.com/yLrm1jfp1C
— franceinfo (@franceinfo) October 27, 2026
Comment Emmanuel Macron et Sébastien Lecornu veulent serrer la vis sur les réseaux sociaux après les violences du 17 octobre
Après les violences du 17 octobre, l’exécutif multiplie les initiatives pour contraindre les réseaux sociaux à mieux modérer les appels aux pillages. Matignon a déjà obtenu une coopération renforcée des plateformes. Un amendement gouvernemental veut désormais imposer des retraits en une heure, sous peine de blocage. Une offensive qui rappelle le précédent brésilien, mais soulève des questions de compatibilité avec le droit européen.
👉 Lire notre article.
“Non, ce n’est pas un dossier inquiétant”, quand Laurent Nuñez minimisait l’ampleur de la mobilisation
Le mouvement de contestation lycéenne, commencé à la mi-septembre en banlieue parisienne, a pris de l’ampleur avec des manifestations nationales le 17 octobre, marquées par des violences, et devrait se poursuivre encore ce week-end, malgré les annonces du gouvernement. Un développement que n’avait visiblement pas vu venir le ministre de l’Intérieur, fortement fragilisé par cette crise. Suivi par les caméras d'”Envoyé Spécial” alors que la mobilisation commençait à exploser, Laurent Nuñez avait affirmé que le dossier ne l’inquiétait pas plus que ça.
👉 Lire notre article.
Laurent Nuñez annonce le maintien d’un important dispositif policier pour la mobilisation du 31 octobre
Le ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez a affirmé sur RTL la mise en place d’un “dispositif tout aussi conséquent que samedi dernier” pour la journée de manifestations du 31 octobre. Déterminé à éviter tout regain de violence, il a martelé que sa mission est “que le 17 octobre ne se reproduise plus jamais” et prévenu que les forces de l’ordre tiendront “le temps qu’il faudra”.
Le détail des 5 milliards d’euros d’investissements annoncés par le gouvernement
Invité de Bonjour ! La Matinale de TF1 , le ministre des Comptes publics David Amiel a détaillé le coût des mesures scolaires et universitaires annoncées par le gouvernement, précisant que “le gros du montant des annonces d’hier, ce sont des investissements dans les bâtiments scolaires pour pouvoir les rénover”. Ce plan de 5 milliards d’euros repose sur “4 milliards d’euros de prêts qui seront réalisés par la Banque des Territoires et puis 1 milliard d’euros pour les bâtiments universitaires”, auxquels s’ajoutent la création de 15 000 places dans le supérieur et le plafonnement des classes de seconde à 28 élèves d’ici 2028.
Crise dans l’éducation : “Le travail doit reprendre lundi”, enjoint le ministre de l’Enseignement supérieur
“Le travail doit reprendre lundi”, a enjoint mardi le ministre de l’Enseignement supérieur Philippe Baptiste interrogé sur France 2 au lendemain d’annonces du gouvernement pour tenter d’éteindre la contestation lycéenne et étudiante qui dure depuis plus d’un mois. “On a effectivement un droit à manifester, un droit à ne pas être d’accord […] mais le droit au blocage n’existe pas […] et je pense qu’il y a un droit à étudier”, a-t-il déclaré. “Le travail doit reprendre lundi et les discussions avec les organisations syndicales, avec les organisations représentatives des étudiants et des lycéens” doivent “continuer”.
Le Sénat examine la loi “casseur-payeur”
Sur fond de mobilisations sociales émaillées de violences, le Sénat débat dès aujourd’hui du projet de loi “casseur-payeur”, qui prévoit notamment la responsabilité collective des fauteurs de troubles et la saisie de leurs prestations sociales. Porté par le Premier ministre Sébastien Lecornu pour “basculer de la réponse pénale à la réponse civile” et doter l’État “d’outils nouveaux” après les lourdes dégradations du 17 octobre, le texte devrait être largement soutenu par la majorité de droite et centriste à la chambre haute.
Des annonces qui n’ont pas convaincu l’intersyndicale
À l’approche d’une nouvelle journée d’action à l’appel des gilets jaunes le 31 octobre, et surtout d’une journée nationale de grèves et de manifestations le 5 novembre à l’initiative des syndicats de salariés, l’exécutif espérait endiguer le front de la jeunesse avec ces réponses. Mais si des organisations lycéennes se sont félicitées d’annonces allant “dans notre sens”, elles veulent “continuer la mobilisation”, le temps “d’avoir des retours très concrets du terrain” , selon Nathanaël Combary de Renouveau lycéen. L’Intersyndicale jeunesse, qui rassemble des organisations étudiantes (L’Union étudiante, La Fage et l’Unef) et l’Union syndicale lycéenne (USL), a également appelé à retourner dans la rue. Elle revendique 10 mesures principales, évaluées à 10 milliards d’euros, dont la fin de la sélection à l’université, la création de 250 000 places à l’université et une réforme des bourses .
Quelles propositions ont été mises sur la table par le ministre de l’Éducation ?
“Aucune des décisions” prises pour répondre à la crise lycéenne “n’est une promesse en l’air”, a assuré ce lundi, devant la presse, le ministre de l’Éducation nationale, Édouard Geffray. Parcoursup, la plateforme d’orientation pour les études supérieures très critiquée depuis le début du mouvement, connaîtra une “évolution forte” dès la rentrée 2027 , avec plus de clarté concernant les algorithmes, “avant un remplacement en 2028” qui nécessitera le vote d’une loi au Parlement, a ainsi confirmé le ministre de l’enseignement supérieur Philippe Baptiste. Ont également été officialisés 15 000 places supplémentaires dans l’enseignement supérieur , en majorité en BTS et IUT, un plan de rénovation des lycées et des universités d’un montant de 5 milliards d’euros au total, essentiellement sous forme de prêts à taux réduit aux collectivités, ainsi que l’ indexation à l’inflation des bourses étudiantes. Le plafonnement à 28 lycéens par classe de seconde , en priorité dans les établissements les plus défavorisés dès la rentrée prochaine avant une généralisation en 2028, a également été confirmé par Édouard Geffray.
Bonjour et bienvenue dans ce direct
La Dépêche du Midi vous propose de suivre toute l’actualité autour de la colère sociale dans ce direct.